Changement de prothèse

Définition

On parle de reprise de prothèse de hanche lorsqu’une intervention pour changement de l’une ou des deux pièces prothétiques est nécessaire.
Le pronostic post-opératoire et de fait les suites opératoires, dépendent essentiellement de la cause de reprise, de la présence ou non de ciment autour de la prothèse, de la perte osseuse autour de la prothèse et donc de la nécessite ou non d’avoir recours à des prothèses de reconstruction.

Les causes d’échec et de reprise sont :

  • Usure et défaut de fixation
  • Luxation
  • Rupture d’implants
  • Infection

L’usure de la prothèse
Les usures importantes sont constatées dès lors que des débris d’usures (particules de PolyEthylene le plus souvent) sont produits par la prothèse, ces particules induisent une réaction inflammatoire autour des implants. Cette réaction inflammatoire est toxique pour l’os qui disparaît progressivement entrainant la formation de lacunes osseuses pouvant donner des fractures et des descellements (défaut de fixation d’une prothèse cimentée).

Luxation de la prothèse

Il s’agit d’un problème mécanique à l’origine d’une perte de contact entre la tête prothétique fémorale et l’implant cotyloïdien. La fixation des implants n’est pas en cause dans ce cas, en revanche un mauvais positionnement de l’une ou des deux pièces peut conduire à un phénomène de dislocation. La luxation est favorisée par des pathologies neurologiques ou musculaires associées. Lorsque les luxations récidivent une réintervention peut être nécessaire. Il n’y a généralement pas de perte osseuse importante dans ce cas.

Les ruptures d’implants

Phénomène rare, la rupture concerne soit l’implant cotyloïdien (rupture de céramique, déclipsage de PolyEthylène ou désertisage de métal) soit l’implant fémoral (fracture de col de prothèse).L’apparition de symptômes est généralement immédiate.

L’infection de prothèse
L’infection, lorsqu’elle devient chronique et que le traitement par lavage de hanche et antibiothérapie de longue durée est tenu en échec, peut conduire à un remplacement de prothèse en un ou deux temps. La détermination de la ou des bactéries en causes et leur sensibilité aux antibiotiques est capitale afin d’établir le projet thérapeutique. L’infection de la prothèse peut s’accompagner d’un défaut de fixation surtout lorsque cette infection est survenue précocement, avant l’intégration de la prothèse dans l’os.

Principes du changement de Prothèse

Les changements de cotyle
Ces changements sont généralement simples et conduisent à la mise en place d’implant quasi-identiques. Devant des pertes osseuses importantes une greffe osseuse et le recours à des dispositifs de soutien peut s’avérer nécessaire. Chez les patients de plus de 75 ans, dans les cas de reprise pour luxations récidivantes ou en cas de déficit neurologiques associé l’utilisation de prothèses dites à double-mobilité permet de réduire significativement le risque de luxation, complication essentielles des changements acétabulaires.

Les changements de prothèse fémorale
Deux critères conditionnent schématiquement la complexité du changement : l’ostéointégration pour les prothèses non-cimentées et l’importance de la perte osseuse pour les implants cimentés.

Dans la situation la plus simple, la prothèse ne tient plus dans le fémur, il y a peu de perte osseuse et le ciment peut être extirpé par la partie haute du fémur dans le canal de la prothèse. Ce changement simple par une nouvelle prothèse qui doit être non-cimentée permet une récupération rapide.

Dans des situations plus complexes une reconstruction avec des prothèses massives permet un ancrage dans la partie basse de fémur là ou l’os est de meilleure qualité. Dans le cas de prothèses non-cimentées inextractibles ou bien lorsque le fourreau de ciment ne peut être extrait sans risques, une découpe réglée du fémur est nécessaire (fémorotomie) de manière à ouvrir le fémur pour en extraire prothèse et ciment. Les suites opératoires sont plus lourdes, la perte sanguine généralement plus importante et une période de marche avec béquille sans appui du coté opéré est nécessaire.

Les complications liées au changement de Prothèse

Il faut distinguer les complications spécifiquement liées au changement de prothèse:

  • La luxation: la première complication à redouter. Même si le risque reste faible, il est augmenté en cas de changement de la prothèse. S’agissant d’une nouvelle agression pour les parties molles situées autour de la prothèse, la stabilité des implants peut être prise en défaut en entrainer un déboitement. Le rôle du chirurgien est donc d’anticiper et d’évaluer ce risque, le recours à des implants adaptés (cotyle à double-mobilité et cotyle rétentif) peut s’avérer nécessaire.
  • L’inégalité de longueur: cause d’insatisfaction du patient, l’inégalité de longueur est surtout gênante lorsque le membre opéré est rallongé. La prothèse de hanche est un compromis de longueur et de stabilité, dans certains cas de changement prothétique à risque de luxation il peut s’avérer nécessaire de rallonger de quelques millimètre l’articulation pour la stabiliser.
  • L’infection: comme dans toute chirurgie le risque zéro n’existe pas. Les interventions pour changement de prothèse peuvent être complexes, plus longues que pour une première prothèse, les tissus autour de la prothèse sont cicatriciels et moins bien oxygénés. Le risque infectieux reste faible mais bien présent.

L’information mise à disposition sur le site vise à soutenir et non à remplacer la relation entre un patient et son médecin.